Mise à jour du mercredi 17 juin (matin) : photo de Régine Deforges envoyée par Elza (en fin de billet)
Mise à jour du jeudi 11 juin (soir) : deux photos de Régine Deforges, à qui Elza pense ressembler le plus (en référence aux autres ressemblances évoquées dans nos commentaires)
Un chemin dans la beauté : Elza (clic)
"Coquette pour toute la vie"
Un art de vivre, une politesse pour l’entourage. En quelque sorte… une philosophie.
Norma m’a demandé de m’expliquer sur ce trait de caractère. Je vais tenter de le faire.
Cette première photo qui me représente petite et dans les bras de ma mère, montre des tresses autour de la tête. Un rappel à mes origines russes, côté paternel.
Ensuite, au fil des années, mes cheveux plus courts sont devenus des couettes.
Je vous ferai grâce d’une photo avec tablier, grosses godasses et l’air aussi godiche que possible. Entre parenthèses, je m’arrangeais toujours pour me trouver à côté d’un certain Hubert (qui avait un nom avec particule et qui a dû devenir un homme superbe !).
Du reste, petite fille de 10 ans, je lui avais écrit une déclaration d’amour :
"Cher Hubert, je t’aime. Je te trouve très beau car tu ressemble à Jean Marais."
La maîtresse l’a prise et lue tout haut.
Si la classe s’est étouffée de rires, Hubert ne m’a plus adressé la parole...
Ma première leçon de comportement amoureux :
"Ne jamais se déclarer la première".
Avant cette période, j’ai vécu durant les quatre années de guerre, à la campagne avec ma jolie grand-mère (dont j’ai mis un portrait sur mon blog).
Mon père revenu de son horrible séjour en Allemagne, je me suis retrouvée à Paris et déjà un peu plus grande.
Coquette déjà, j’adorais regarder les chapeaux que ma mère créait (on disait "modiste"), et je feuilletais avec bonheur les pages d’un gros magazine de mode.
J’ai été élevée avec cette vision féminine de l’élégance.
Très tôt, j’ai apprécié les belles étoffes, les fleurs en tissu : j’aime bien en mettre sur le côté de mes vestes… ou une belle broche), les beaux rubans.
Pas de problèmes de peau, heureusement. Et je suis certaine que c’est l’interdiction de mettre du savon de Marseille pour me "débarbouiller" qui en est la cause. Des savons dermatologiques ou des laits démaquillants faisaient l’affaire.
Pas de maquillage, seulement une queue de cheval et
le travail du jeudi à l'Académie Julian
J’allais, les jeudis, danser dans les caves de St Germain des Près (le Tabou, le vieux Colombier, avec l’orchestre de Sydney Béchet et quelques autres).
On fumait bien sûr (pas d’alcool surtout) et c’était des "Camel" ou des "Week-end", dans leurs petites boîtes que je mémorise très bien.
Ah le jazz… !!!! le be-bop, le swing, et toutes ces figures légères et bondissantes que l’on peut encore voir dans certains films…
Pas très maquillée, à part le rouge à lèvres, et pas encore de contour de l’œil avec le Khôl noir.
Mais des pantalons corsaires, des chemises à carreaux, et chose étonnante : pas de sac à mains, mais une petite pochette en bandoulière. Des sandales avec des lanières qui entouraient la jambe très haut. Des ceintures hautes et élastiques.
Certes, j’allais danser l’après-midi, mais je suivais des cours de dessin (toujours le jeudi ) à l’académie Julian et à la Grande Chaumière.
Celle-ci existe toujours et cette rue est restée légendaire pour les artistes du monde entier.
Mes coquetteries se sont transformées, elles aussi, suivant le passage du temps.
Un premier mari et naissance d’une fille (aujourd’hui sculpteur de talent )...
La belle époque de mes 27 ans, où je me consacrais
à l'édition d'art et à un travail pour un peintre. Mes
cheveux n'avaient pas encore atteint le milieu du dos .
Je commençais à les laisser pousser.
En fait, je devrais dire "entre 32 et 34 ans". Impossible
de me souvenir de l'âge de cette robe Azzaro (avec
dentelle Chantilly pour le décolleté " ). Cheveux crêpés,
et ces fameuses boucle-d'oreilles très "soir"
que j'ai toujours conservées. C'était moi ? Impossible de me
reconnaître. Sans doute l'influence des films. C'était
aussi ma période " jazzy " ( Le blue note - le vieux
Colombier et les petites caves de St Germain des près).
Je vois bien que j'étais toujours obsédée par la coiffure.
Cette photo a été prise il y a environ 30 ans, lors d'un
voyage de presse en Islande. Avoir une vie sociale,
professionnelle, vous oblige à faire le maximum d'efforts de présentation.
A la longue, c'est assez épuisant.
Pourtant, avec mon "grand âge", je trouve très plaisants
ces efforts, pour faire plaisir à l'entourage. Et puis, je
l'avoue, aussi pour moi-même. Pour me prouver que
j'en suis encore capable !
Coquette jusqu'à mon dernier jour sans doute...
Encore un voyage de travail, à Rome cette fois,
pour un déjeuner avec un grand couturier. Quel
bonheur de toucher des soies magnifiques, de me
faire expliquer la construction de robes
extraordinaires ! Un livre était prévu, mais le projet
a échoué, hélas... Là, je vivais la coquetterie des
autres. Une période très sympathique.
certaines choses demeurent : le trait de khôl autour
des yeux et je porte encore ces boucles d'oreilles et
le collier . Ah oui... j'allais oublier, la même couleur
de cheveux.
La raison provient je suppose, que le milieu du travail n’est pas tendre. Toutefois, comme ma mère, je fais attention à ne pas offrir au quotidien, à l’entourage, un aspect négligé.
Dans ma collection de vieux parfums, je viens de retrouver
celui-ci ( hélas sans son bouchon-fleurs ). Mais l'extrait
qu'il contient est encore portable.
Les belles matières premières d'autrefois, le rendent immortel.
C'est presque magique.
Même si le budget est devenu, avec l’âge, plus riquiqui, il faut rester présentable. Par respect, peut-être.
Ce miroir est mon objet-fétiche . Offert par Yves Saint-
Laurent pour accompagner une ligne de soins . Il ne me
quitte jamais. J'adore toucher le cristal de roche . Une
bien jolie création.
Sais-tu, Norma, et vous toutes, qui me lisez, que Virgile a aussi ses coquetteries ?
Il a chaque jour une séance de brossage (en ce moment, avec la chaleur, il est mouillé à diverses reprises).
Il adore ça , et je suis certaine que chats et chiens estiment normal d’avoir une belle apparence.
Du reste, avez-vous vu comme les chiens (surtout les petits) sont fiers de porter ces ridicules petits vêtements et babioles ?
"Ridicules, nous ? Pas du tout… Nous sommes très chics."
Sur ce, je te laisse, Norma, car il y aurait encore beaucoup à dire et écrire sur ce thème…"
Elza
Un grand merci à toi, Elza, pour ce moment délicieux que je viens de passer à ta compagnie et qui m'a rappelé cette rencontre parisienne de septembre 2012...
Je suis sûre que toutes les lectrices de ce blog vont également passer un très bon moment avec toi !
Encore un grand merci !
"Coquettes pour la vie" deviendra le slogan de ce blog !
Nous nous retrouverons le lundi 22 juin pour "Notre quinzaine diététique" (grâce à Elza, nous avons eu un petit sursis...)























































